Le centre, à Hoï An et Da Nang

Publié le par claireetgilles.over-blog.com

Alors qu’on pensait vraiment devoir trouver une navette, un bus ou un taxi pour aller à Hoï An à une trentaine de kms au sud de l’aéroport de Da Nang, quelle ne fut pas notre surprise de lire le nom de Claire présenté par une charmante hôtesse au sortir de l’aéroport : finalement, l’hôtel avait pris en compte nos 15€ pour organiser notre transfert, payé plus que le prix d’un taxi, et il nous fallait en plus attendre d’autres passagers mais, bon, on avait réservé. On ne savait toujours pas à quel hôtel on allait (il y en avait eu 2 en pré réservation), mais on arrivait bien au 2ème réservé.

Super accueil fort sympathique de cet hôtel dans une ruelle sans circulation et dans une musique tonitruante. Alors qu’on pensait arriver dans une ville assez calme, on tombait en plein dans un festival international gastronomique qui se déroulait sous nos fenêtres jusqu’au dimanche soir. Génial !

En allant traîner sur ce festival au bord d’un bras de la rivière, on se rendait compte finalement qu’on pouvait y trouver notre compte pour manger : une quinzaine de pays y proposaient chaque soir une nouvelle recette concoctée par un chef, servie en portion congrue certes, mais pas trop cher et surtout, il y avait un stand de vins qui vendait, entre autres chiliens et argentins du Chardonnay Torrontés !!! On demandait à mettre une bouteille de ce bon vin blanc au frais et on faisait notre choix dans les différents stands pour l’accompagner : c’est la Malaisie qui a recueilli nos suffrages … trop épicé selon Claire : fallait boire beaucoup pour éteindre le feu. Notre promenade digestive entraînait nos pas vers les rues de la vieille ville, piétonnes à cette heure, bien agréables malgré le nombre de gens qui s’y promenaient et les boutiques en rez-de-chaussée essentiellement faites pour les touristes. On y a découvert la beauté des lanternes à armature de bambou et habillées de soie ainsi que celles avec bougies mises à flotter sur l’eau : joli comme tout. A notre retour sur le festival, un groupe rock tenait la scène, à fond les décibels, et à peine le temps de retrouver Creedence et autres Deep Purple des seventies avec nostalgie que le concert s’achevait : 21h15, c’était fini pour la soirée, ce qui nous convenait plutôt pas mal pour dormir.

Le lendemain, on découvrait vraiment cette petite ville qui avait été un grand port, important débouché maritime du peuple Cham au XVème siècle, de gros négociants chinois et japonais y avaient installé leurs demeures et entrepôts. Puis, trop éloigné de la mer, peu à peu, le port s’ensabla et tomba dans l’oubli, le trafic se détournant vers Da Nang. Ce n’est qu’en 1995 que ce gros bourg oublié a été classé au patrimoine mondial pour ses splendides architectures en bois et donc découvert pour son tourisme parce que bien réhabilité.

En payant un droit d’entrée dans la vieille ville, qu’on contestait bien sûr en bons français radins que nous sommes, on avait 5 tickets visites de temples, pagodes ou maisons d’habitation. Après avoir subi des menaces de poursuites, on l’achetait quand même pour être dans la légalité.

Le lieu emblématique de la cité est le pont japonais : un pont couvert d’une vingtaine de mètres de long datant de 1593, réputé indestructible tant qu’une plaque votive, retrouvée dans les années 80, le protégeant restera en place. Il paraît que si on l’enlève, le pont s’écroule. Il est assez joli et assez petit mais bien difficile à investir tant les hordes de touristes le prennent d’assaut mais malgré le poids supporté, la plaque le protège.

Pour le reste, on se balade de pagode en maison d’habitation, de café en boutique et de restaurant en bain de foule avec comme toujours un grand plaisir à baguenauder ainsi. On se greffe en toute courtoisie dans des groupes canadiens avec visite en français, on prend un peu de plaisir à négocier avec le sourire, à regarder la vie autour de nous et le soir, on se paye un restau employant des jeunes défavorisés, pour goûter des recettes locales, des raviolis de crevettes et du thon cuit à l’étouffée : délicieux encore une fois.

Le lendemain, on prenait enfin des vacances : on avait prévu d’aller faire un petit tour jusqu’à la plage distante de 4 kms, en taxi s’il vous plaît, pas en vélo, et en fait on y restait plus de 2h en y mangeant un morceau après baignade de l’un (devinez qui), bouquin, jus de fruit, café … et on repartait en ville pour continuer notre visite : quartier français, maisons d’habitation, temples, bords de rivière, marché, boutiques … avant de retourner sur notre festival de la gastronomie préféré et proche de notre base. Torrontés et plat suédois au programme tout en essayant de communiquer un peu avec des familles présentes à notre table car ce festival semblait intéresser essentiellement les vietnamiens. Malgré la barrière de la langue beaucoup d’entre eux semblent en effet avoir envie de faire connaissance. Tout à coup, bien plus tôt qu’on ne l’attendait, extinction des feux mais ce n’était pas la fin de la soirée, c’était pour sauver la planète, soixante minutes sans consommation d’électricité comme dans plein d’autres pays d’ailleurs. Peu patients, on rentrait dans nos pénates.

Pour quitter cet hôtel fort plaisant où on avait bien sympathisé avec les hôtesses d’accueil, complicité née de l’attitude d’une cliente un peu … extravagante, disons, on avait demandé s’il était possible de payer avec carte de crédit, demande possible la veille mais plus ce jour du départ : machine en panne, il fallait aller chercher du cash et on n’a pas pu avoir de facture …. Petit business.

On ne partait pas très loin, à 35kms, Da Nang, 3ème ville du pays sans beaucoup d’intérêt touristique mais qu’on voulait connaître un peu quand même.

Pas vraiment d’impression pour cette grande ville asiatique en ce dimanche si ce n’est le pont du dragon, belle structure originale qui, paraît-il, crache le feu le soir à 21h mais on va le rater. Cité de bord de mer et sur la rivière Song An, Da Nang a été le siège de bien des débarquements et a beaucoup souffert de la guerre mais elle est aussi au cœur de la civilisation Cham qui régna sur toute la bande côtière sud-est du Vietnam actuel du IIème au XVème siècle, résistant aux Khmers d’Angkor et même aux Mongols venus du nord. Un musée y regroupe certains trésors extraits vers 1914 de sites aux alentours qui, malheureusement, ont été fortement bombardés par les américains sous prétexte de servir de refuges aux vietcongs. On est allé faire la visite et malheureusement, l’écrin n’est pas à la hauteur des trésors qu’il renferme : pas de nettoyage, salles fermées parce que non organisées … c’est dommage mais ça nous permet quand même de comprendre un peu cette civilisation venue de l’Indonésie, passée de l’hindouisme au bouddhisme et disparue suite à l’invasion des Viets du nord.

On prend notre repas du soir dans un grand restaurant typiquement familial vietnamien ou, dans le doute quant au choix des plats, on prend des nems … facile.

Le plus drôle reste pour la suite de notre soirée :sur le chemin du retour, on voit une grande enseigne « Karaoké ». Curieux de voir comment ça se passe ici, on entre demander et on est accueillis par une haie de personnels tout sourire. L’un d’eux nous conduit alors vers un salon douillet et privatif avec consommations sur la table et grand téléviseur. En fait leur karaoké ne se fait pas en public mais en privé et peut-être aussi avec certaines des hôtesses en tenue affriolante qu’on avait aperçues au bar de l’entrée. On a décliné et je pense qu’ils en rigolent encore.

Le temps morose du lendemain matin ajouté à un petit déjeuner bâclé, sans café et avec des difficultés à avoir quelques restes feront qu’on ne gardera pas un souvenir impérissable de notre passage à Da Nang.

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Marie STM 29/03/2017 10:53

super récit! Je vois que vous étiez attirés par le Karaoké....

Bises à vous deux.

MCC.

Claire 28/03/2017 21:19

Encore bravo pour ce récit haut en couleurs

geraldine 27/03/2017 20:22

Je garde aussi un superbe souvenir de Hoi Han tres charmante bien que tres touristique. Sentiment partagé avec vous pour Dan nang sans grand intéret .Le Karaoke ne servait donc pas uniquement à entrainer son organe ..vocal ! Je vous suis avec grand plaisir ! merci pour ts ces partages ! bisous

Annie Brulé 27/03/2017 18:42

Absente de chez moi sur le weekend, je dévore, ce soir, avec délices, la suite de vos pérégrinations...
C'est qu'on devient accro. à vos photos et à leur narrations. Comment fera- t- on quand ce sera fini...?
Pour l'heure, j'attends la suite.
Bises à vous deux.