Toujours vers le nord : Huê

Publié le par claireetgilles.over-blog.com

Avant de quitter Da Nang, on est allé visiter quelques autres temples et on a bien compris que la légion était passée par là parce que « Tiens, voilà du Bouddha, voilà du Bouddha ! » en-veux-tu, en voilà et du rigolard même. De façon toujours obscure pour moi, si ce n’est le passé hindouiste du pays, on retrouve aussi à côté de lui Shiva. Je ne suis pas bien sûr que ce soit elle sur la photo mais cette divinité a inspiré à Claire cette question-concours : Combien a-t-elle de bras ? Et j’y ajoute en question subsidiaire pour départager les ex-aequos, combien a-t-elle de doigts sans compter les orteils ? Pas facile de les compter non ? Le gagnant se verra offrir l’apéro à notre retour.

Après, donc, on a pris le train vietnamien pour faire Da Nang, Huê. C’est la ligne qui traverse le pays du sud au nord et inversement d’ailleurs. On a quand même choisi le train leplus rapide pour parcourir la centaine de kms séparant les 2 villes, le TGV pour Très Grande Vétusté mais ça roule ! et on l’entend tellement d’ailleurs qu’on a l’impression d’aller vite mais bon, on mettra quand même 3h pour le trajet dans un confort assez bon pour les sièges sauf quand le voisin de devant décide de s’allonger brutalement et qu’on a la tablette sur les genoux et ceux-ci coincés dans le dossier. J’exagère un peu car c’est tout à fait vivable.

Huê, c’est l’ancienne capitale, celle des empereurs et particulièrement de la dernière dynastie des Nguyen (1892-1955), y compris donc pendant l’Indochine Française. Ce qui se visite le plus, c’est la citadelle avec à l’intérieur la cité impériale dans laquelle il y a la cité pourpre, tout ça construit en 1830, copieusement détruit lors de l’offensive du Têt en 1968 et, à visiter aussi dans les environs, les tombeaux de ces empereurs.

Le premier soir, merci Routard, on s’est dégoté un petit restau super agréable et délicieux : on s’est promis d’y revenir le lendemain pour goûter d’autres mets et finalement on y reviendra les 3 soirs de notre séjour.

Après quelques formalités d’organisation des jours suivants, on va à pied vers la citadelle sans avoir vraiment mesuré les distances à parcourir. Celle-ci est en effet sur l’autre rive de la rivière avec un pont de 400m à traverser et chaque côté de cette citadelle mesure 2,5 kms d’une fortification à la Vauban puisque construite à l’époque avec l’aide de la France. La cité impériale est un carré fortifié de 600m de côté, médian sur un côté de la citadelle vers la rivière. On fait ce trajet déplaisant au milieu de la circulation et des sollicitations en tous genres stoïquement mais en faisant un peu la tête, tout ça parce qu’on ne veut pas se faire pousser en cyclo pousse.

La cité impériale est tellement vaste et aucun plan ne nous étant fourni, on s’y perd un peu et ce n’est pas vraiment le coup de cœur pour nous : beaucoup de marche, fort peu de renseignements et de directions, trop peu de bâtiments restaurés … on doit se représenter ce que c’était et avec si peu d’éléments, c’est difficile à imaginer. D’autant plus que les combats de 68 ont contribué à en détruire pas mal dont la cité pourpre, dans laquelle ne pouvaient entrer que l’empereur, les femmes et les eunuques et qui n’est plus qu’un champ de ruines. Les américains en lutte pour la libération de la femme ?

On a quand même pu se rendre compte qu’il ne devait pas y avoir beaucoup d’abstention vue la taille des urnes ! A moins que ça ne soit pour éviter les risques de bourrage ? Ce qui nous a, hélas, rappelé la triste réalité qui nous attend à notre retour.

Pour le reste de la citadelle, 55000 personnes y vivent et cela ressemble à tous les autres quartiers de la ville nouvelle : on ne s’y sent pas comme chez nous dans une vieille ville avec de petites rues mais il est vrai que cet ensemble a moins de 200 ans.

Pour les tombeaux des empereurs, on avait confié à un gentil organisateur français le soin de nous concocter la journée : remontée en bateau de la rivière aux mille parfums avec la visite en accostant de la pagode de la dame céleste et du tombeau de Minh Mang, 2ème empereur de la dynastie Nguyen. Ce tombeau est le seul à avoir été construit après sa mort survenue tôt, fatigué peut-être qu’il était par sa trentaine de femmes, ses 300 concubines et ses 142 enfants. C’est un endroit magnifique et

bucolique à souhait qu’on a pu arpenter avant l’arrivée de groupes.

Après ces deux visites, on était embarqué par des motos-taxis pour la suite. D’abord manger dans une petite gargote de bord de route, où on a eu notre bol de nouilles au poisson avec du thé pour 1€ à 2, puis le tombeau de Khaï Dinh, avant dernier empereur mégalo et marionnette des français

colons. Toujours en pétaradant sur nos terribles engins avec Tan, easy rider, notre pilote et guide et Tchin, son acolyte, on allait jusqu’au temple de la princesse Huyen Tran, mémorial construit il y a une dizaine d’années pour célébrer une princesse du XIIIème siècle. Un peu plus loin, on s’arrêtait dans une maison où étaient fabriqués les bâtons d’encens : il faut mettre de la pâte de bois de santal mélangé à d’autres espèces dans un cylindre mis sous pression, enfiler la fine baguette de bambou dans l’orifice prévu sous le cylindre, un coup de pédale et hop, la pâte s’enroule autour de la baguette. Si on n’est pas trop fainéant(e), c’est 15000 coups de pédale qu’il faut donner par jour : c’est que les pagodes, les temples et les particuliers ça consomme en fumette ici !

On est allé voir aussi une petite pagode perdue dans la nature et, sous la pluie cette fois, l’autre pont couvert avec celui de Hoï An, beaucoup moins visité et daté du XVIIIème, bien beau dans ce petit village au milieu des rizières mais le plus impressionnant a été la traversée du cimetière de Huê, pendant des kms au milieu des tombes de différentes confessions recouvrant des collines à perte de vue avec au milieu d’elles, des routes et des habitations. Il paraît que cette terre est considérée comme sacrée et que des gens payent fort cher pour y être enterrés. Est-ce parce qu’elle est au même endroit que les tombeaux des derniers empereurs ? On n’a pas eu de réponse.

Pluie jusqu’au retour à Huê. On aurait quand même dû leur dire que lorsque Claire monte sur un deux roue, il se met à pleuvoir !

Après le dernier verre avec notre GO français et pour finir cette belle journée bien agréable on va à notre cantine préférée avant une nuit bien méritée et courte : Demain nous attendent de nouvelles aventures matinales avec le train à 5h30 vers Nin Binh à 450 kms au nord.

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Lucette 06/04/2017 15:40

Vous vous donnez l'envie de faire la seule partie du Vietnam que nous n'avons pas fait - Hue semble une halte incontournable avec la rivière "parfum" - mais pour nous, pour rentrer en France, je reviendrais plutôt par Hanoi ville que je préfère à Saigon - Etes-vous allés vous prosterner devant le mausolée de Oncle Ho ? Attention ... tenue habillée de rigueur sinon on vous refuse l'entrée ! c'est ce qui est arrivé à Gianni qui était en short

Jacques 04/04/2017 08:59

Toujours aussi prolixe, un véritable guide, envie de partir sur vos traces, ce sera pour 2018. Bises. Jacques

sylvianne 02/04/2017 09:01

bises à tous deux ,il est 9 hres ;et vous m'avez fait rêver .qu 'est ce que ça sent dans les jardins des
temples et des tombeaux ? question idiote car enrhumée et aphone.....

Annie Brulé 31/03/2017 18:38

Fidèle à mon ordinateur en fin de journée, je me délecte de cette nouvelle étape. J'ai l'impression que vous vous mettez un peu plus, au fil de jours, à l'heure vietnamienne.
Aucun commentaire sur les 3 belles photos montrant ces jeunes femmes, dans des tenues que je trouve magnifiques et d'une élégance subtile. Bises et faites- nous encore rêver...

Angelilie 31/03/2017 18:27

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une découverte et un enchantement.N'hésitez pas à venir visiter mon blog. au plaisir