virée vers le nord et retour à la base

Publié le par claireetgilles.over-blog.com

 

Pour ne pas connaître que la ville, on avait repéré un endroit assez sympathique à 200kms au nord de Luang Prabang : Nong Khiew et un autre petit village à une vingtaine de kms, Muang Ngoi qui était présenté par le Routard comme le bout du monde. Pour y aller, on aurait voulu prendre un bus ou un mini van public mais on s’est fait un peu avoir à l’office de tourisme où on nous a dit qu’il fallait prendre le billet directement à l’hôtel. Dont acte, et notre tenancière s’était empressée de faire la réservation en nous disant qu’on serait pris devant l’hôtel. Elle nous demandait quand même 80000 Kips (9,50€) au lieu des 55000 Kips (6,50€) vus sur le tableau des billets publics, mais bon, on est assez pour la facilité et je crois qu’on aime bien se faire avoir.

Ce transport « privé » était ainsi réservé pour nous deux et deux autres françaises d’autres hôtels sauf que, tout au long du parcours de 4h, notre conducteur a pris du bord de la route des laotiens pour les mener à leur destination …. ce qui n’est pas bien grave en soit pour rentabiliser la place sauf qu’il les faisait payer quand même. Le voyage était quand même intéressant par les paysages de montagne qu’on traversait en suivant la rivière Nam Ou mais aussi par la rencontre de ces deux françaises, l’une de Dijon, interne en étude de médecine qui avait fait une pause d’un an dans ses études pour poursuivre sa thèse en faisant le tour du monde et en se limitant à un budget de 30€ par jour. L’autre, bretonne travaillant dans une ludothèque qui partait régulièrement pour plusieurs mois en sillonnant particulièrement l’Asie, vivant dans les auberges de jeunesse, allant jusqu’à acheter une moto pour poursuivre sa route. On a pu discuter « voyages » mais on se sentait un peu des routards de pacotille.

Parvenus à notre première destination, on avait réservé un hôtel et on s’installait avec plaisir dans notre bungalow qui était en fait une cabane sur pilotis mais avec pas mal de confort quand même, dont moustiquaires au dessus des lits ce qui rassurait bien Claire, il ne nous coûtait que 14$ la nuit, on n’allait pas faire les difficiles.

On finissait notre journée à découvrir ce charmant village bien bien calme qui propose comme attraction touristique deux grimpettes de 100 à 200 mètres de dénivelés avec points de vue payants mais qui a un certain charme quand on arrive de la ville. Par contre, on s’est vite rendu compte que pour aller jusqu’à Muang Ngoi, c’était pas gagné car s’il y avait bien un bateau qui y allait le matin, il n’y avait pas de retour dans la même journée or, notre hôtel nous plaisant bien, on avait déjà payé pour une 2ème nuit.

 

On se promenait ainsi dans ce paisible village jusqu’au coucher du soleil, c’était notre premier sur la Nam Ou, mais en évitant soigneusement les points de vue … trop cher (1€20) ou peut-être trop fatigant à notre goût !

 

 

 

 

En demandant conseil à un « organisateur de tout pour touriste », il nous a vus venir et on a craqué pour sa proposition de toute la journée du lendemain avec un groupe jusqu’au village convoité. Le contrat était donc signé pour un aller-retour sur l’eau dans un de leurs bateaux longs et étroits.

 

Et on ne l’a pas regretté car on a découvert le Laos rural profond. Au milieu de notre remontée de la Nam Ou, on avait un arrêt dans un tout petit village où on a pu mesurer l’écart qui existe entre notre civilisation et d’autres mais aussi se rendre compte que ces enfants qui jouent avec des feuilles en guise de bateau ne semblent sans doute pas plus malheureux que ceux de chez nous. Accueillis avec le sourire par tous on s’est vus offrir le « Laolao », whisky laotien, à grandes rasades cul sec à 10h du matin. Claire n’a pas pu résister à la tentation d’aller voir l’école en se demandant si la cage qui était dans la cour servait pour les punis mais malheureusement, dimanche oblige, il n’y avait pas d’élèves et elle n’a pas pu tester sa pédagogie en laotien ou en espagnol. Tout dans le village était fort propre excepté peut-être le temple dans lequel un moine bouddhiste boudeur écoutait la radio bien fort tout en se la jouant curé de campagne négligé.

 

 

 

 

 

Sur notre fleuve tranquille, dans le calme du moteur pétaradant de notre bateau, on vivait ainsi la vie dominicale des berges de la Nam Ou, pécheurs, buffles, enfants jouant sur, dans ou au bord de l’eau, promeneurs, jusqu’à arriver à notre destination : c’était le même genre de village mais plus à destination touristique : on pense que s’il n’y a pas d’aller-retour sur la journée, c’est pour favoriser un peu l’accueil sur place : c’est vrai que ça peut être sympathique de rester ici une soirée et une nuit ici mais bon …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le trajet du retour, on avait un arrêt pour aller pique niquer et se baigner à une cascade à une heure de marche. Il était 14h, soleil au zénith, 35° à l’ombre. La marche était pourtant agréable dans les rizières complètement sèches, Claire et moi étions au milieu du groupe avec une anglaise, suivant de loin les premiers et loin devant les derniers. Tout en causant, suant et soufflant, on a attaqué dans la montagne sur un dénivelé d’environ 100m avant de croiser un laotien qui a paru étonné, autant que l’étonnement puisse se lire sur leur visage, de nous croiser là et qui nous a remis sur le bon chemin, 100m plus bas au bord du torrent. On est arrivés dégoulinants et écarlates à la fin de la baignade des autres et alors qu’ils attaquaient leur repas. Pas glop, pas glop ! l’anglaise, furieuse, a perdu son flegme pour alpaguer vertement notre guide. La cascade était tout de même bien jolie et l’eau agréable mais on en a peu profité.

 

 

Revenus sur la Nam Ou, encore un peu plus en aval, certains avaient opté pour finir la descente en canoë. Je ne l’avais pas pris pour rester auprès de Claire en cas de chavirement du bateau et surtout parce que je sais bien que c’est fatigant cette affaire-là … mais c’était en fin de journée, il ne faisait plus fort chaud et ça paraissait bien agréable d’être un peu plus dans le silence aussi l’ai-je un peu regretté.

On est revenu juste au moment du coucher du soleil, notre dernier sur la Nam Ou car le lendemain on regagne Luang Prabang pour la dernière étape de notre séjour au Laos.

 

 

 

 

Pour notre retour en ville, bus de ligne pas cher mais un peu folklo : mini van déglingué, bondé, sièges cassés, avec une malheureuse gamine malade tout le long du trajet, bonjour les odeurs, mais, grâce à la compagnie de Bashung, la route ne m’a paru trop longue ; Claire, toujours « relations publiques » a papoté avec des allemands.

Revenus à notre base, on s’est octroyé un moment calme en faisant quelques formalités de réservation pour la suite et avant d’aller flâner tranquilles en ville. Galère ensuite pour le blog, Claire patiente et moi vénère avant l’emploi du temps du soir désormais traditionnel.

Sur le pont de bonne heure pour cette dernière journée, on voulait assister aux donations faites aux moines à l’aube. Cette cérémonie empreinte de solennité draine maintenant beaucoup de touristes (dont nous) qui peuvent acheter des sachets de friandises (mais pas nous) pour faire leurs offrandes. C’est un peu trop mais y aurait-il de nos jours assez de fidèles pour remplir leurs marmites ?

Retour hôtel et p’tit déj’ rapide avant d’aller affronter le fleuve Mékong. On veut en effet tenter aujourd’hui une expédition vers la rive droite, encore inconnue. On va donc affronter le flot tumultueux sur une embarcation précaire appelée « ferry » pour la traversée et la sérénité de Claire m’épate : elle n’a même pas demandé au pilote où se trouvaient les gilets.

 

 

 

 

 

De l’autre côté, on a une petite virée jusqu’à un village de potiers

puis, en revenant vers le ferry, encore une petite balade pour voir quelques temples, dont un avec une belle vue sur Luang Prabang, une grotte religieuse, et tout ça au milieu du quotidien des villageois laotiens … agréable.

 

 

 

 

 

 

De retour en ville avec une nouvelle traversée sans noyade, on va visiter le musée ethnologique qui nous permet de comprendre un peu l’occupation ethnique du Laos, intéressant et après un casse croûte, retour hôtel pour notre dernière soirée comme les autres.

Demain, changement d’habitudes et de pays : on s’envole vers le Cambodge, Siem Reap, à côté d’Angkor.

On n’a pas forcément vu beaucoup du Laos mais on s’est bien régalé quand même et il n’est pas dit qu’on ne reviendra pas pour le sud ???

 

 

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marie STM 12/03/2017 09:08

quel plaisir! on se sent aussi en voyage^^ bon voyage.Bises.

MCC.

Nathalie 09/03/2017 00:50

Quel plaisir de vous lire. J'ai hâte de la suite...Bon voyage bisous

Nathalie tchou 12/03/2017 17:29

Oui c'est bien tchou. (Nathalie) bisous à vous deux et merci pour le blog

Claire 12/03/2017 04:13

Nathalie, tchou ou une autre ? On n'a que le prénom qui apparait...Bises.

geraldine 07/03/2017 20:01

ravis de voir que vous n'etes pas encore moyés :-) sympa ce blog et merci pour le partage et les chouettes photos !

marie et andré 07/03/2017 18:56

merci pour ces belles photos ,
chouette le Los cela donne envie et le Laoloo c 'est bon?

Claire 12/03/2017 04:11

bon alors pour le Laolao, vu l'heure matinale, contrairement à d'autres, on n'a pas osé goûté, mais pour ceux qui ont tenté l'aventure il parait que ça a le goût de whisky...

lalydie 07/03/2017 16:49

merci beaucoup de partager toutes ces découvertes, on est "un peu" avec vous et ça fait du bien. bisou