A nous Hanoï

Publié le par claireetgilles.over-blog.com

Arriver par le train de nuit à 4h30 du mat’ à Hanoï, ça va : l’activité n’est pas encore à son comble, il est 5h, Hanoï s’éveille et on peut même se rendre à pied jusqu’à notre hôtel dans le centre sans problème. On se repère assez facilement dans ce centre ville partagé en 4 quartiers, pas trop vaste avec un lac en son centre. Ce lac « de l’épée

restituée » entretient la légende selon laquelle une épée magique avait été prêtée par une tortue sacrée alors que l’empire du XVème siècle était menacé par les Ming. Une dizaine d’année s après bien des exploits grâce à celle-ci, alors que la paix était revenue, la fameuse tortue l’avait réclamée pour l’emporter au fond du lac. Conclusions, la tortue a une bonne mémoire ou, tout a une fin, ou, quand le danger est écarté, il faut revenir à une attitude plus modeste ou tout simplement, il faut toujours rendre ce qui nous a été prêté.

Dans le temple « montagne de jade » sur le lac, il y a même une carapace de tortue géante trouvée dans le lac et des habitants verraient de temps en temps cette Nessie du Lochnoï… nous, on ne l’a pas vue.

Dès 7h, des groupes d’adultes, surtout assez âgés, font de la gym autour du lac, dansent, agitent les bras, les jambes avec ou sans musique, marchent ou courent. Ça doit être le signal du réveil de la ville car au fil des heures, la frénésie s’en empare et on retrouve toute l’agitation des grandes villes … en pire. On avait bien constaté le non respect des piétons, on avait bien appris à traverser grâce à des assouplissements de la nuque : regarder à gauche, puis à droite et à gauche, à droite, de plus en plus vite mais ici il faut avoir des réflexes encore plus affûtés car c’est fort dense et ça va très vite. En traversant les grands axes en deux fois on risque d’être coupé en deux, en trois fois d’être coupé en trois alors il faut y aller au culot avec une bonne dose de chance, d’amulettes et de prières après avoir consulté son horoscope. On se permet d’abord le tour du lac avec visite de la pagode, sans traverser de grandes artères et, n’ayant pas fait d’offrandes, on se dirige plutôt vers les petites rues de la vieille ville. Celles-ci sont dans le quartier commerçant dit des « 36 corporations » car elles ont conservé depuis l’origine chacune une spécificité commerciale. On trouvera donc la rue des textiles, de la soie, celle des vêtements, des chaussures, des instruments de musique, des médicaments, des tampons, de la quincaillerie et même des cadres et encadrements ou des emballages papiers et cartons avec rouleaux adhésifs et autres. Inutile de dire qu’on est sollicité de toutes parts entre les vendeurs de rue, les commerçants, les propositions de massage ou de cyclo-pousse et qu’avancer dans ces rues encombrées d’étals, de gens, de scooters et de voitures jusque sur les trottoirs n’est pas si aisé. On prend tout de même notre temps en chinant un peu car, même si on n’est pas forcément grands clients de toutes ces marchandises, on se laisse malgré tout tenter un peu. L’architecture est assez particulière depuis l’origine car on y voit les « maisons tubes », sortes de boîtes à chaussures posées sur la tranche au dessus desquelles s’empilent les étages avec des pièces étroites comme des couloirs, toutes en profondeur et avec une façade réduite au minimum à cause des impôts proportionnels à la largeur de celle-ci. Des étroits couloirs permettent de rejoindre, parfois sur plus de 100m, des cours et des logements intérieurs. En façade, sur une largeur de 3m imposée jadis, on trouve la boutique qui sert aussi de salon, salle à manger et garage à scooters le soir. De véritables cavernes d’Ali Baba.

On pousse ce premier jour jusqu’à la cathédrale ni fort jolie ni intéressante dont on ne peut même pas faire le tour.

Pour notre 2ème jour, soleil et 40° à l’ombre, on choisit alors de s’enfermer dans les musées où l’air conditionné s’essouffle à maintenir une trentaine de degrés. Le musée de la femme vietnamienne, fort intéressant et complet, celui de l’histoire, un peu plus compliqué pour nous mais avec de belles pièces exposées et celui de la révolution qui, sans être forcément très objectif, nous permet de comprendre un peu mieux, la création du parti communiste et sa lutte contre les méchants colons français puis les cruels soldats américains avant d’arriver à la victoire et au bonheur du peuple dans la

réunification. Entre ces musées, on passe sur la place de l’opéra qu’on peut admirer avec un souvenir du groupe Indochine qui est venu ici pour deux concerts avec l’orchestre symphonique de Hanoï en 2006. Le soir, on a réservé pour un spectacle de marionnettes sur l’eau. Ce sont des saynètes inspirées de la vie quotidienne et des légendes qui sont joliment jouées avec un orchestre et voix présents sur le côté. Original pour la scène remplie d’eau et pour les marionnettes qui sont sur et sous la surface et nous offrent un moment bien agréable.

On continue notre visite touristique le 3ème jour avec le temple de la littérature, endroit serein et empreint de sagesse. Cette première université du XVème siècle dédiée à Confucius recevait les princes et enfants des mandarins (c’est pourquoi il y a des mandariniers dans la cour), mais aussi des élèves méritants, issus de toutes les couches sociales, intégrés suite à un concours. Cet ensemble est le seul bâtiment historique demeuré et restauré en l’état malgré les 15000 tonnes de bombes larguées par les américains sur le nord Vietnam en décembre 1972. En effet, sauf quelques restes de l’époque coloniale, les bâtiments sont dans le style soviétique d’après les années soixante.

De là, il n’y a qu’un pas pour aller jusqu’à l’esplanade et le mausolée dédié à l’oncle Ho. Impressionnant !!! On ne tient pas forcément à aller voir la momie, d’autant plus que ça ne se fait que le matin avec des tas de contraintes et que ça n’était pas sa volonté mais par contre, quelle foule !! C’est un truc énorme dans le style soviétique pas très beau, il y a aussi à côté le musée et, bien plus joli dans le style colonial, le palais présidentiel avec, dans le parc, les deux maisons dans lesquelles il a vécu parce qu’il ne tenait pas à vivre dans ce palais trop luxueux pour lui.

Et le dernier jour on se reposa … massage le matin, valises ensuite et un petit tour pour marcher un peu jusqu’au pont ex Paul Doumer accessible seulement aux deux roues, aux piétons et aux trains sur une longueur de 1682m. Construit par les français, c’était le seul pont sur le fleuve rouge jusqu’en 1980 alors il a subi pas mal de bombardements et semble bien vétuste et peu entretenu mais il supporte encore une circulation effrénée et a tout de même résisté à notre poids.

La journée s’étire ainsi mollement jusqu’au départ vers l’aéroport pour notre vol de nuit : près de 13h d’avion pour rejoindre nos pénates. C’est bien long mais on sait que c’est le prix à payer pour vivre toutes les beaux moments qu’on a vécus depuis un mois et demi.

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Lucette 16/04/2017 10:15

Hanoi semble ne pas avoir trop changé après 23 ans (date de notre dernier voyage !) Pour nous, l'hôtel était dans la "rue des chaussures" et .... j'ai trouvé chaussure à mon pied depuis 52 ans !
Le cérémonial du mausolée de Oncle Ho est on ne peut plus étrange .... Moi, je l'ai fait et j'en suis r
ressortie "glacée" ... Je vous expliquerai ! Gianni en short n'a pas eu le droit de choquer ce vieil oncle
On ne se verra maintenant qu'après notre retour de Rome le 26/4 - On va trouver une date pour se voir

Ariane 16/04/2017 08:36

Toutes les bonnes choses ont une fin... Bon retour et merci de nous avoir fait rêver !