En route vers le nord est

Publié le par claireetgilles.over-blog.com

Toujours grâce à l’organisation de l’agence de voyage qu’on avait payée pour 5 jours organisés, sur la route d’Hanoï notre chauffeur nous arrêtait d’abord un moment pour la visite d’une fabrique de poteries puis nous déposait dans un hôtel tout près de la gare où l’on pouvait se doucher et se reposer un peu avant notre Orient Express de nuit vers la frontière chinoise à Lao Caï. On était à nouveau dans une cabine de 4 couchettes partagée avec 2 jeunes français. Après un départ à 21h30, tout le monde ou presque dormait jusqu’au lendemain 5h30, arrivée à Lao Caï.

Notre guide pour les 3 jours nous attendait déjà et nous emmenait dans un hôtel proche pour douche éventuelle et petit déjeuner jusqu’à l’arrivée de notre chauffeur à 7h.

A partir de là, c’était une nouvelle exaltation pour des paysages et des modes de vie nouveaux. Après être allé au bord du fleuve rouge, frontière avec la Chine où on avait pu voir la course des vietnamiens sur le pont dès l’ouverture afin d’aller chercher un visa pour la journée et faire leur petit business, on se dirigeait vers l’intérieur pour se balader sur un marché ethnique de H’Mongs « fleurs » où on ne vend pas de tongs mais de tout. C’est un endroit perdu dans la nature où, chaque mardi tous les gens des villages aux alentours se retrouvent pour vendre, acheter, se retrouver mais aussi chercher à se marier et c’est pourquoi on y va avec ses plus beaux habits. Comme tous les marchés, à l’image de nos supermarchés mais en plus souriant et avec les animaux vivants en plus, ça grouille de vie, de vente, de rencontres, d’échanges, d’altercations, de jeux et de fumette en groupe pour essayer des tabacs de différentes saveurs. On regarde, on s’y régale, on essaie de discuter un peu, de négocier quelques stylos à donner plus tard, bref ça nous plaît beaucoup et même si on croise de nombreux touristes, ça ne gâche pas trop l’esprit du marché.

On s’arrête ensuite dans un village Dzao où l’on commence à mesurer un peu les difficultés de ces minorités. Elles sont 54 ethnies différentes implantées depuis fort longtemps comme les Thaïs, Tay et Giay ou depuis moins longtemps comme les H’Mong et Dzao émigrés de Chine à la fin du XVIIIème pour fuir la politique de l’empereur Ming. On peut les distinguer entre les communautés des hautes vallées sur des terres fertiles et avec l’eau et celles des montagnes qui doivent, pour survivre, pratiquer le déboisement et la culture sèche, itinérante sur brûlis. Ils ont tous en commun la pauvreté, l’absence de scolarité (3% scolarisés) même si elle est gratuite jusqu’à 16 ans, la rareté des soins médicaux modernes, la méconnaissance des principes sanitaires de base et une démographie galopante. Depuis 1986 la culture de l’opium leur est interdite, remplacée par celle du gingembre, du ginseng et des prunes recherchées par les japonais. Ils sont animistes ou pratiquent le culte des esprits ou des génies sous influence de confucianisme, de bouddhisme et de taoïsme sans que la conversion au catholicisme les ait atteints et, comme l’ensemble des vietnamiens, vénèrent les ancêtres avec un autel qui leur est dédié dans chaque maison. Le chamanisme est omniprésent.

Leurs maisons sont de bois, sans fenêtres pour ceux des montagnes afin de se protéger un peu mieux du froid en hiver, de plain pied, la pièce avec l’entrée pour les personnalités où se trouve l’autel des ancêtres, une cuisine avec chambre à côté et une cuisine pour la nourriture des animaux, grenier en mezzanine au dessus et c’est tout.

Avoir un guide nous a permis de faire des visites qu’on n’aurait jamais osé tout seuls : écoles, maison individuelle, hôpital, on est entré, on a vu et ça nous a secoués un peu et remis à notre place. On était toujours accueilli dans les villages par un comité de femmes en tenue traditionnelle qui s’approchaient pour vendre leurs bricoles. Une, deux ou trois d’entre elles s’attachaient alors à nos basques sans insister pour la vente mais en tentant le contact. Il ne fallait pas leur répondre paraît-il mais c’était bien difficile. Des panneaux annonçaient qu’il était interdit de leur acheter quoi que ce soit … dur, dur, d’autant plus qu’elles restaient agréables jusqu’au bout, même après une vente éventuelle.

Notre programme a donc tourné autour de visites de villages, plus ou moins courus par les touristes avec pour seule variante l’ethnie du village mais si les mélanges ne se font pas entre ces minorités, il faut par exemple la validation par un chamane pour un mariage mixte, on a croisé des femmes Dzao et H’Mongs qui étaient bonnes copines.

Les animaux ont une grande place dans leur environnement et pas seulement pour ces minorités : le buffle à la campagne qui sert dans les cultures mais qui est aussi un placement, la basse cour et les porcs qui ne servent que pour se nourrir sauf le coq de combat qui est la fierté de son propriétaire et auquel il faut consacrer beaucoup de temps. Quant au chien, il est considéré comme le meilleur ami de l’homme mais on l’aime tellement que certains n’hésitent pas à le déguster lors d’un repas de fête. Le respect pour eux et les conditions de transport et d’abattage feraient hurler Brigitte Bardot.

Vis-à-vis de nous, ils paraissaient le plus souvent contents de nous croiser et, comme ils semblent apprécier le contact, autoritaire parfois, de nous toucher sans ambiguïté sauf ce type dans le bus pour Bac Ha qui a commencé, admiratif, à me palper les mollets, me faire palper les siens pour me montrer à quel point j’étais musclé, mais ça, je le savais, puis à poser sa main sur mon genou jusqu’à ce qu’une dame à côté lui montre Claire plus loin qui était morte de rire d’ailleurs car je ne savais comment l’envoyer paître sans trop heurter sa susceptibilité. J’avais largement préféré cette petite vendeuse qui remettait bien en place sur moi les vêtements que j’essayais et qui, comme beaucoup lorsqu’un marché est conclu, m’attrapait le bras en se rapprochant avec un sourire complice.

A suivre, Sapa, Bac Ha et l'artisanat ethnique.

 

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sylvianne 11/04/2017 09:39

il est 9h le soleil brille chez nous ....ça vous ai égal ,non ?mais merci pour tout images commentaires ....le bonheur de vous lire !et d attendre le retour de Gilles ?non, palper
à mon tour ses mollets ,si Claire me l'autorise ....bises

Claire 09/04/2017 20:05

Le voyage continue, nous vous suivons toujours avec autant de plaisir et de curiosité.
Encore bravo pour la documentation illustrée de photos C'est toujours un moment de pur plaisir de vous retrouver tout au long de votre périple.

lucette 09/04/2017 09:32

Que de modernités depuis notre séjour : le train ! c'est super car ça évite les routes "nids de poules" que mon pauvre dos a dû subir ! Quant au caressage de poils, Gianni y a eu droit lui aussi, je pense que les poils rouquins doivent avoir leur préférence. C'est une autre vie qui nous porte à réflexion - pour nous les Européens - même réflexion lorsque nous allons chez Ginette et Rémi aux Philippines