Le Minas Géraï à l’intérieur des terres.

Publié le par claireetgilles.over-blog.com

A Buzios, on avait laissé l’auto sur le parking et il nous faut maintenant la reprendre pour couvrir les presque 500kms vers le Mina Géraï, région des mines, au nord de Rio. Claire, inquiète, aurait presque voulu reconnaître l’itinéraire à pied mais j’ai réussi à l’en dissuader et lui faire choisir la reconnaissance par internet. Pas d’imprimante, donc on prend des notes pour le trajet et, encore pour la rassurer, je recopie mes notes au propre pour que le copilote s’y retrouve et je l’apprends par cœur. Il est vrai que conduire ici et emprunter des grands axes et des petites routes, c’est vraiment du sport automobile quand on n’a pas l’habitude.

Minas-Gerai 5387Je ne reviens pas sur les camions qui jouent à Mad Max, les conducteurs peu patients qui klaxonnent à la moindre erreur ni sur les radars automatiques à la moindre limitation car il y a aussi les ralentisseurs, bosses quasi imprévisibles qu’il faut passer à 10km/h, les priorités qu’on ne comprend toujours pas et le manque de courtoisie de tous les conducteurs, tout ça fait d’un trajet de quelques kms une véritable aventure. Alors, quand on arrive à Tiradentes au bout de 6h de route, on est contents mais il faut maintenant trouver un hôtel tout en roulant sur les pavés inégaux du centre ville.

Lorsque c’est fait, on est vraiment heureux d’aller seMinas-Gerai 5378 balader un peu dans cette petite ville fort calme, sans touristes mais avec beaucoup de structures pour les accueillir et on parvient même à ne pas se tordre la cheville sur les pavages en pierres de toutes les tailles. C’est par cette route que passaient les convois de pierres Minas-Gerai 5392précieuses et d’or venant du cœur du Minas Géraï et le centre ville semble avoir été préservé en l’état. Malgré l’altitude et le frais qui règne, on réussit à manger sur une terrasse avec braseros et musiciens : on a l’impression d’être en vacancesMinas-Gerai 5398.

Toutes ces villes bâties au moment de la découverte de l’or sur la route du transport de celui-ci vers les ports de Paraty puis Rio sont restées dans le style colonial portugais avec toutes les églises jésuites, carmélites et autres édifiées à la même époque et, dans touP1030996te la région, il y en a beaucoup alors on fait le tour des bondieuseries à la déco toujours rococo plus ou moins chargée. La petite ville est riche également en artisanat d’art et en artistes ce qui en fait une destination un peu bobo. Lors de la visite de sa galerie, on a d’ailleurs le plaisir de rencontrer et de papoter un petit moment (il est francophone) avec Oscar Araripe, peintre bien connu ici et qui revient d’une exposition en France. Ses tableaux fort colorés mêlant symboliquement fleurs et papillons sont fort gais, d’une grande douceur et agréables.

En se baladant dans les villages aux alentours, on découvre un peu la même ambiance artiste et bohème, énormément d’artisanat à tel point qu’on se demande s’ils peuvent tous en vivre, surtout qu’on ne voit guère de touristes.

On suit donc en la remontant la route de l’or qui nous conduit à Ouro Preto et qui est aussi la région de la plus importante insurrection contre les colons portugais, insurrection qui a été sévèrement réprimée et leur chef, Tiradentès, a été écartelé puis ses morceaux dispersés à titre dissuasif dans ces villes. Minas-Gerai 5426 

Ce chemin nous permet de suivre aussi un sculpteur d’œuvres religieuses surnommé le “Michel Ange brésilien”. Antonio Francisco Lisboa, appelé Aleijadinho (Le petit estropié) parce qu’il a fini sa vie dévoré et mutilé par la lèpre. Architecte de formation, il était autodidacte en matière de sculpture. Il a pourtant laissé une œuvre très personnelle sculptée avec passion dans le bois ou la pierre de savon jusqu’à la fin de sa vie alors qu’il devait se faire fixer burin et marteau sur ses membres diminués. On le retrouve dans presque toutes les églises de la région, dont l’extraordinaire ensemble de Congonhas qui lui doit les 12 statues des prophètes devant la basilique ainsi que les scènes de la passion du christ dans 6 chapelles un peu plus bas.Minas-Gerai 5432

Minas-Gerai 5451Ouro Preto enfin, premières pépites trouvées, ancienne capitale de la région détrônée ensuite par Bello Horizonte à cause de son manque de place au milieu des montagnes et c’est vrai qu’ici les pentes sont raides et ruinent les mollets. Il faut aussi ne pas hésiter en voiture pour se lancer à l’assaut de Minas-Gerai 5456ces pentes abruptes pavées inégalement, surtout avec une petite Fiat Uno qui roule à l’Ethanol et qui n’a pas grand’ chose dans le sac. C’est tout de même une ville de 70000 habitants qui s’étend sur plusieurs kms. On s’arrête donc au premier “i” trouvé dans la banlieue pour avoir un plan. Il n’y a que des plans plastifiés à vendre mais le préposé veut bien expliquer l’itinéraire en recommandant de tMinas-Gerai 5462rouver un certain Paulo à l’Office de Tourisme sur la place principale. Après quelques détours, ruelles pentues, sens interdits, accrochages évités et sueurs froides, on parvient donc à la dite place. Bien sûr, comme ailleurs, un gars nous propose de l’aide pour garer l’auto mais il disparaît avant la fin de la mMinas-Gerai 5482anœuvre pour revenir … accompagné de Paulo, employé de l’office de tourisme qui parle un peu français et qui savait déjà qu’on allait arriver :  mieux que le téléphone arabe. Il nous fait économiser la Minas-Gerai 5471pièce pour le stationnement, nous aide à trouver un hôtel dans nos prix en nous accompagnant et en nous présentant sa ville. Tout ça n’est pas vraiment désintéressé puisqu’il nous propose un tour de ville d’une journée avec lui comme guide. C’est un peu cher et on décline la proposition, il est déçu mais ne nous montre pas forcément de rancune. On laisse volontiers la voiture au parking de l’hôtel et on faMinas-Gerai 5402it la visite de la ville et de ses environs à pied et avec les bus. Toujours autant d’églises baroques aux décors bien kitsch, des maisons datant de l’époque coloniale, des rues pavées qu’on arpente avec plaisir et prudence avec, en plus, des traces d’opulence liée aux Minas-Gerai 5492filons d’or et de pierres précieuses : un musée sur les gemmes et, parmi la multitude d’édifices religieux, une église surprenante par sa forme décagonale mais aussi par les quelque 430kg d’or qui ont été utilisés pour la déco. Fastueux et vaniteux quand on pense aux conditions dans lesquelles étaient tenus esclaMinas-Gerai 5518ves et employés dans les mines.

Après avoir pris le pouls de cette ville bien agréable et de ses alentours, on passe une journée entière à faire les 300kms pour retourner un peu vers Rio et notre retour.

Notre dernière halte est donc Petropolis. A une soixantaine de kms de Rio, cette ville fut Minas-Gerai 5519la résidence d’été de l’empereur Dom Pedro II à la fin du XIXème et porte encore les signes manifestes de l’aristocratie portugaise. Elle s’est agrandie le long de quelques rivières de montagnes et a maintenant 300000 hab sur ses 28 kms de long. Ce n’est donc pas vraiment du gâteau pour y circuler mais on commence à maîtriser tout ça et on se dégotte un bel hôtel pas trop cher proche du centre ville etP1040041 des différents palais aux décorations bien portugaises, demeures coloniales et de personnages célèbres du crû comme Santos Dumont. On se débarrasse vite de la cathédrale qui n’a rien d’exceptionnel et on passe aussi pas mal de temps à profiter des terrasses au soleil faites de cappuccinos et de pâtisseries : on a fort bien compris que notre retour ne sera pas synonyme de soleil mais de grisaille et d’austérité.

Minas-Gerai 5481P1040043Dernière des dernières étapes ce 15 mai donc avec la route vers l’aéroport, trouver où rendre l’auto, un vol ponctuel jusqu’à Madrid puis un autre jusqu’à Paris, malheureusement avec Air Ibéria qui fournit tout à bord mais en vente, une arrivée à l’heure prévue et nos chauffeurs qui sont présents et qui semblent heureux de nous revoir, un retour vers le quotidien sans mauvaises surprises donc.

Un premier petit bilan pour se dire que c’est bien difficile de reprendre les habitudes du domestique, surtout lorsque la météo est aussi pourrie mais que, quand même, on a eu le bonheur et on a provoqué notre chance de pouvoir vivre tout ça alors …. on va pas s’plaindre quand même !!!  

 

 

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