Presqu'ile de Valdes

Publié le par claireetgilles.over-blog.com

Premier contact avec la Patagonie

Il nous faut maintenant quitter Buenos Aires et ses danseurs de tango que nous avons découverts au cours d’un spectacle de cabaret, certes, mais qui nous en a appris un peu sur la danse et toutes ses facettes, populaires ou mondaines, sur sa sensualité, sa langueur ou sa brutalité … un moment intense. On doit maintenant aller à la rencontre des gauchos de Patagonie en commençant par le nord et la réserve naturelle de la presqu’île de Valdès.

Le jour de ce voyage en avion de 1500km nous a déjà réservé quelques surprises. Valises prêtes, Claire partie avant moi au p’tit dèj’, je finissais de m’habiller avant de la rejoindre lorsque j’ai entendu le pass de la porte puis celle-ci s’ouvrir. Je pensais que Claire avait oublié quelque chose mais que nenni, c’était une autre charmante femme, qui m’a dit ensuite s’appeler Nafissati… quelque chose et qui poussait des cris d’admiration en me proposant je ne sais quoi. Malheureusement non, c’était une femme de ménage charmante quand même mais horrifiée qui a vite refermé la porte en s’excusant. Nous n’étions d’ailleurs pas dans un Sofitel.

Valdes-2872.JPGCe n’était qu’une anecdote par rapport à la suite : après avoir passé une heure de retard dans l’avion et 2 heures de vol, en arrivant au petit aéroport de Trelew (prononcez Tréléou si vous lisez à voix haute et je ne le répèterai pas) perdu au milieu de nulle part, on devait avoir une voiture de location mais on a vu l’aérogare se vider peu à peu sans voir la couleur d’une auto qui nous serait destinée. En désespoir de cause on se dirige alors vers l’unique taxi qui restait mais pour aller où ? l’adresse de l’agence était confuse, on ne savait pas si elle se situait à Trelew (5kms) ou à Puerto Madrynn (65kms, mais ville où se trouve hôtel réservé). On décide de cette dernière solution pour 45€ de taxi et parce que le chauffeur nous dit qu’il fera une facture afin que le loueur nous rembourse. Ce chauffeur bien sympa, admirateur avoué de Trézégué mais aussi bien sûr de Maradona et certainement de Fangio nous amène en ¾ d’heure à l’adresse indiquée à Puerto Madrynn où on ne trouve qu’uP1020517.JPGne sorte de garage désaffecté. Il nous transporte alors à l’adresse de l’hôtel où le type à l’accueil, plein d’humour malgré tout, ne parle qu’espagnol et italien mais, coup de bol, un serveur mexicain qui est déjà à la cuisine parle fort bien français, ayant travaillé à Cannes. Celui-ci explique donc au gars de l’accueil notre problème et sans qu’on comprenne trop comment mais en 10 minutes et quelques coups de fil, se pointe le responsable de location qui apparemment n’avait pas bien été averti de cette réservation. Il nous emmène à son agence, nous dégotte un véhicule fissa, nous rembourse le taxi et en ½ heure nous sommes au volant de notre Kangoo qui va affronter les pistes de la presqu’île sans kangourous. Et Claire dans tout ça ? Même pas énervée et d’Valdes-2601a.jpgun calme olympien ! Surprenant non ?

Comme il nous reste malgré tout un peu de temps avant le soir, en 3 bonds, nous allons jusqu‘à l’écocentre qui propose une présentation de la réserve pour nous familiariser avec les bestioles qu’on va pouvoir y rencontrer. On ne les a pas encore vus mais Claire me trouve des points communs avec les éléphants de mer. Serait-ce le nez ? On ressort de là gonflés à bloc, prêts à partir en safari à la rencontre de lions et d’éléphants accompagnés d’autres bestioles aux noms étranges mais un peu déçus car, même si P1020553on le savait déjà, on ne verra pas de baleines étant donné qu’elles ne viennent dans le golfe qu’au moment de la reproduction. Dommage, parce que d’après ce qu’on a vu ensuite, plus de 3000 individus de baleine franche australe sont présents dans le golfe à cette période et elle peut atteindre la tailleP1020461 d’un autocar ! Si, si, c’est écrit ! Je crains quand même que Claire en découvre une, échouée à ses côtés, au réveil demain matin.

On part donc de bon matin mais pas trop pour affronter les pistes qui sont, en fait, de larges boulevards empierrés de petits cailloux qui peuvent provoquer des dérapages inattendus mais comme la vitesse esValdes-2620.JPGt limitée à 60 et qu’on est bons citoyens, on ne prend pas de risques. Le paysage est vraiment désertique, on ne croisera que peu de voitures jusqu’à notre hôtel de Punta Del Gada, à l’extrémité est de la presqu’île et notre première rencontre est un petit groupe de guanacos, sorte de lama pas trop farouche mais qu’on ne peut pas approcher quand même. Sur la centaine de kms de trajet, on est un peu dépités quand même car sur le nombre d’animaux prévus dans le forfait, on ne fera qu’apercevoir 4 nandous, d’origine tibétaine sans doValdes-2638.JPGute, qui ressemblent plus à des petites autruches qu’à des gros poulets et qui détalent à toutes jambes bien loin de nous. Pour le reste, il nous faut nous contenter des paysages et des lumières quiP1020464 s’offrent à nous sur les lacs salés. Surprise un peu plus loin mais déçus parce que c’est sur un parking et que, s’il se rapproche des hommes, c’est pas terrible. Et alors ? Et alors ? Zorro est arrivé é é. Mais ce Zorro-là, même s’il est un peu masqué n’est pas le beau justicier espéré par Claire mais un petit renard qu’on n’approche pas trop quand même parce qu’on n’a pas de vaccin contre la rage : couragValdes 2672eux mais pas téméraire. Finalement, de bestiole en bestiole qui ont un peu joué leur rôle pour nous occuper, on arrive à l’essentiel de la réserve : la faune maritime du littoral : Un point d’arrêt autorisé nous propose une colonie de lions de mer éparpillés sur la plage et un peu plus loin, quelques éléphants (de mer aussi quelquefois que certains imaginent la grosse bête rose de mes cauchemars éthyliques ou celle avec Valdes-2815.JPGdes grandes oreilles et une longue trompe) se dorant sur la plage en bikini et lunettes de soleil, vautrés en gros tas.

Alors, tout de suite pour faire la différence : le lion, plutôt marron,  a des petites oreilles, il marche sur ses nageoires, on reconnaît le petit parce qu’il est plus petit, noir avec des grosses lèvres, qu’il bêle comme un mouton et le mâle (jusqu’à 800kg) arbore une crinière et s’agite beaucoup autour de son harem en faisant le macho pour repousser les jeunes mâles qui voudraient lui marcher sur la queue, il se dresse souvent la gueule vers le ciel pour implorer les dieux de lui garder vitalité pour satisfaire ses femelles … comme nous. L’éléphant, beige avant la mue et gris après, est beaucoup plus P1020504.JPGgros, n’a pas d’oreilles, est plus placide mais aussi bruyant, il rampe en faisant comme un gros tas de gelée qui bougerait comme un lombric, le mâle adulte (jusqu’à 4 tonnes) arbore un magnifique appendice nasal … comme moi. J’espère que vous Valdes-2804.JPGretiendrez parce que il y aura des questions.

Un peu plus loin, bonheur, notre 1er “pinguin” ou plutôt “manchot” de Magellan car il ne vole pas en contemplation devant l’immensité de la mer. Heureusement pour lui, ce n’est pas l’heure de l’orque. On en voit un petit groupe à quelques 100m de là.

On gagne ensuite notre hôtel, le Faro Del Gada : “petite” estancia d’une vingtaine de km2, ancienne école de gardiensP1020518.JPG de phares, aux bâtiments tout simples sans courant la journée, de l’eau salée au robinet mais qui va nous offrir 2 sorties guidées sur le domaine. Notre guide du soir nous emmène en 4X4 en haut dValdes-2717-copie-1.JPG’une falaise d’où on découvre une colonie de plusieurs centaines de lions et d’éléphants mélangés. Ils viennent volontiers ici car une barrière rocheuse entre la plage et la mer empêche les orques de s’approcher. 1ère question : un animal intrus s’est glissé parmi les lions, trouve-le, donne son nom et colorie-le de la couValdes-2705.JPGleur d’avant la mue.

Avec un autre couple nous parcourons à pied les 5kms de lande pour regagner l’hôtel et au passage, une chouette chouette pas comme chez nous parce que diurne et sortant de son trou dans la terre nous a fait « hou hou ». Mais quelle journée ! et ouf, à l’arrivée nous attend un repas somptueux avP1020491.JPGec notre ½ pension.

Le lendemain matin, nous avons une autre sortie avec une autre guide, Roxane, francophone, qui nous escorte à pied sur la plage à la rencontre des éléphants. Pour arriver au plus près, faut faire le sioux, avancer courbé, se faire petit et s’accroupir s’il nous regarde. Pas pValdes-2733.JPGar peur qu’il n’attaque mais surtout qu’il parte en mer alors qu’il est en mue et qu’il risquerait de se refroidir. On passe un vrai moment à regarder ces gros vautrés, mais aussi ceux qui barbotent, fascinés par ces mastodontes, attendris par ce regard suave de cette magnifique femelle. Roxane, contemplative, reste en P1020495admiration un vrai moment devant un superbe mâle et prend plusieurs photos de son Valdes-2834.JPGappendice avec notre appareil. Véritable moment privilégié, que ce couloir parallèle à notre monde.

2ème question : Lion, le fauve, ou lion de mer mâle en prière ou éléphant ?

3ème question : Eléphant d’Afrique, d’Asie, de mer ? Mâle ou femelle ? A quoi le reconnaît-on ? Valdes-2771.JPG

Ce sera d’ailleurs véritablement notre jour de chance pour finir le tour de la presqu’île parce qu’on verra tout ce qu’on n’espérait pas forcément sauf les orques : des lions, des éléphants et des manchots en veux-tu, en voilà, bien entendu, des p’tits tatoosValdes 2777 trognons appelés peludos qui baguenaudent en solitaire, des nandous en petits groupes qui nous montrent toujours leur gros cul de poule en détValdes-2677.JPGalant, des rats sans queue en forme de cochon d’inde, des serpents avec pattes qui ressemblent et qui sont, en fait, des lézards, on surveillera aussi le vol des rapaces qui guettent, au dessus de nos têtes, les ratés du moteur ou la panne d’essence …. Que d’aventures, que d’aventures.

Avant de sortir de la réserve, on ira tout de même jusqu’à l’île des oiseaux, celle qui a inspiré St Exupéry pour son dessin du boa qui mange un éléphant dans “Le petit prince” parce que Claire adore et que c’est joli comme tout.

4ème question (subsidiaire pour partager les ex-æquo et sans indices) : Près de cette île, on a pu voir les éléphants des cauchemars de Gilles ou des volatiles qu’on peut voir en Camargue ? Valdes-2845.JPG

Après tout ça et avant de trier les 500 photos (heureusement, je ne suis pas gros consommateur … j’en connais qui en auraient au moins 2000), pour varier les plaisirs, on va faire les visites de Trelew (Comment est-ce que ça se prononce ?) puis d’une autre petite ville au bord du Rio Chubut, Gaiman, où on peut s’offrir, dans la tradition anglaise un thé de 5h, pantagruélique. Visites sans grand intérêt et on se prépare pour le lendemain à un nouveau saut de puce, 1800 kms, jusqu’à Ushuaia. Mais ça, c’est une autre histoire.

2ème question subsidiaire pour départager les ex-aequo des ex-aequo :

Quel est l'animal qu'on peut reconnaître entre le lion de mer, à droite, reconnaissable à sa crinière et l'éléphant, à gauche, reconnaissable à sa trompe ?  P1020538.JPG 

  

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Marianne 23/02/2013 19:08

Message animalier palpitant . La différence entre le lion et l'éléphant sur la dernière photo qui départage les " ex- aequos"n'est ce pas la paire de lunettes ???
Bon ici, dans la vallée de la marne , il fait tellement glagla qu'on attend un peu pour muer !!!
Bons bisous les aventuriers courageux. Marianne

Manu (oui oui !) 22/02/2013 21:59

Partir aussi loin pour finir au volant d'un Kangoo !!!
(faut bien qu'on vous fasse sentir notre frustration et notre jalousie !)

claire 22/02/2013 21:43

Bravo à notre reporter

nathalie 22/02/2013 14:53

coucou. merci pour ce blog qui nous permet de suivre vos aventures. bisous a vous. bon voyage dans le sud. nathalie

Christian 22/02/2013 09:21

La baie de Somme, c est moins compliqué !!!