Virée sportive sur l’Altiplano

Publié le par claireetgilles.over-blog.com

Après avoir bénéficié des largesses de la compagnie aérienne qui nous ramenait de l’île de Pâques, on avait un autreP1030286 vol dés le lendemain pour Arica, à l’extrême nord du pays. Un gros pickup 4X4 Chevrolet piaffait d’impatience en nous attendant à l’aéroport, prêt à en découdre avec la nature hostile.

Pour nos derniers préparatifs, on se basait dans cette ville au bord du Pacifique, balnéaire, mais qui ne sentait pas véritablement l’effervescence, la saison étant finieAltiplano 4216 depuis mi mars. On faisait le tour de la ville quand même pour admirer entre autre quelques constructions inspirée d’Eiffel dont la cathédrale construite en France et montée en kit sur place et on allait surtout se renseigner auprès de l’organisme de rangers qui gère les parcs naturels où on voulait se rendre, la Conaf (moi je dis la grof mais c’est pas gentil). Parce que gentils, aimables et prêts à répondre, ils le sont tous à la grof.. euh .. Conaf sauf qu’il n’y en a pas un qui parle une goutte d’anglais ! A force de gestes, de plans et de dessins, on réussit quand même à faire comprendre ce qu’on voudrait faire et à demander quelles sont les conditions nécessaires et élémentaires de prudence à respecter. On finit par comprendre que le 4X4 est indispensable, que notre tour fait environ 700 bornes dont 350 de pistes, qu’il n’y a aucune station d’essence sur le tour et que, pour pas se rater vaut mieux emporter un bidon, qu’il y a bien un relais de la Conof .. euh .. Graf à mi parcours et qu’on peut y réserver nos lits .. dont acte ; mais on n’a pas tout à fait bien compris s’ils fournissaient les couvertures ou si on devait avoir nos duvets. Tant pis, on se lance. Le lendemain matin, on fait donc le plein “completo, completo”, on achète une carte touristique pas si tant détaillée que ça et un bidon de 20l qu’on fait remplir et c’est parti. Altiplano 4306

Altiplano 4229La première partie est la route qui relie la Bolivie au port d’Arica, leur seul accès maritime, ce qui fait qu’ellAltiplano 4268e est empruntée par bon nombre de camions et c’est une route de montagne qui, après avoir suivi une vallée, grimpe, grimpe à pic pour arriver dans un paysage désertique où on ne verra plus beaucoup de traces de vie jusqu’à notre étape. Avant d’attaquer les hauteurs de l’Altiplano autour de 4500m, on avait préféré faire un arrêt à Putre, village Aymara situé à 3500m pour que nos organismes s’adaptent un peu à l’altitude. PetitAltiplano 4270 village de montagne, andin en diable, il offre des possibilités d’hébergement car bon nombre de touristes choisissent aussi cette solution, on a donc trouvé sans difficultés un hôtel confortable … mais sans chauffage, avec une température de 13° dans la chambre le soir mais toutefois des couvertures en nombre P1030296suffisant pour avoir chaud dessous. Après une courte balade au dessus et dans le village ainsi qu’un bon repas de viande d’alpaga (j’en entends certaines pousser des hauts cris d’ici), on ne pouvait que se glisserP1030301 frileusement sous les draps.

Le lendemain, après avoir fait un petit détour jusqu’au lac Chungarã, sans énorme intérêt si ce n’est que c’est un Altiplano 4278des plus hauts du monde (4500m) et aussi parce qu’il reflèteP1030303 le volcan Parinacota qui le surplombe, on attaquait le plateau entouré de volcans encore en activité pour certains et on rencontrait nos premiers alpagas, flamants roses, nandous, vizcachas (sorte de lapin-Altiplano 4264écureuil) et vigognes du secteur. Pour les flamants, ils ne sont que peu francophones, tout le monde le sait, mais nous avons été surpris d’en rencontrer à cette altitude … jeAltiplano 4290 pense que j’aurai l’occasion d’en reparler. Les nandous, qui vont souvent par quatre, vous connaissez maintenant et quant aux alpagas et vigognes, tout comme le guanaco qui vit un peu plus bas, ce sont des camélidés. Tous les Altiplano 4378deux ont une bouille plus Altiplano 4311sympathique que le lama du capitaine Haddock, le premier est domestique, plein de poils, il sait tricoter des pulls bien chauds et il est comestible alors que le 2ème, à Altiplano 4317ne pas confondre avec l’oiseau noir et blanc qui fait son nid sur les chemAltiplano 4253inées en Alsace, il est sauvage, farouche, gracieux et traverse parfois la route sans qu’on s’y attende.

Notre terrible engin ne renâclait pas face aux difficultés et Claire prenait la mesure de sa puissance. La piste était assez bonne, il faisait Altiplano 4241beau et on n’avait que la contrainte d’arriver au refuge du Salar Surire avant 5h, nous semblait-il avoir compris, pour 3h30 de pisteAltiplano 4333 … on pouvait donc sourire devant ces paysages majestueux, impressionnants en retrouvant le sentiment, comme en Mongolie, d’être perdus au milieu de nulle part, loin de toute civilisation. On ne rencontrait que 2 ou 3 véhicules, aucun village sur toute la durée … heureusement que la piste était assez bien Altiplano 4339balisée et que notre carte approximative nous rassurait. En arrivant sur le salar, on était Altiplano 4343vraiment bluffés devant cette immensité de croûte de sel et d’eau, étonnés de voir ces Altiplano 4356flamants hypertendus à force de manger trop salé et on avait la sensation d’être arrivés sur une autre planète.

Parvenus vers 15h30 à bon port à notre petiteAltiplano 4363 baraque au bord du salar, il n’y avait personne et c’était fermé sans indications. On se dit alors qu’on avait mal compris et que ce devait être vers 17h qu’il y aurait un accueil alors on laisse un mot sur la porte pour aller jusqu’à P1030329une source d’eau chaude distante d’une vingtaine de bornes, tout en sachant que ça entame notre capital carburant et en calculant aussi qu’on est à environ 4h de piste Altiplano 4351assez hard de la plus proche agglomération et qu’il fait nuit à 20h. On fait les désinvoltes mais ça nous donne une petite pointe d’angoisse qui nous enlève l’envie de tremper nos (mes) fesses dans cette eau chaude alors que cette source est vraiment sympathique, à partager seulement avec 3 militaires qui y font déjà trempette.

P1030341Malgré les idées noires de Claire qui fulmine, àAltiplano 4330 notre retour, il est bien là son légionnaire et il nous montre la cambuse et notre piaule tout àP1030340 fait confortable, lumière, salle de bain commune avec eau chaude, mais tout ça, bien sûr sans chauffage. Une soirée chaleureuse s’annonce ainsi avec notre ranger qui est plutôt agréable mais qui reste à son bureau en refusant notre proposition de soupe, et qui ne parle pas un mot d’anglais et nous presque rien d’espagnol, Claire a mal à la tête depuis quelques heures, je ressens pour ma part une certaine raideur dans la nuque alors, à part un moment à regarder les étoiles, on écourte pas mal la soirée pour aller mettre la viande dans le torchon de bonne heure sans crainte d’un viol éventuel avec toutes les couches qu’on garde sur le dos (quoique, pour un viol, je ne suis pas certain que le dos …).

Espérant trouver le sommeil lorsque mon cocon est bien réchauffé après quelques pages de bouquin, je me niche sous les draps pour, au bout de quelques minutes, de position horizontale, me sentir oppressé d’abord, essoufflé ensuite et carrément étouffer avec le souvenir d’un certain œdème pulmonaire qui accentue ces impressions. Je m’assieds donc pour retrouver mon souffle et sans le vouloir réveille Claire qui s’inquiète immédiatementP1030342 de mon état, veut appeler un hélico, l’ambassade, l’armée, me ramener dans ses bras jusqu’à l’hôpital le plus proche (à 6h de véhicule) et qui me propose, miracle, un cachet contre le mal d’altitude. Celui-ci ingurgité, placebo sans doute, calme assez vite tous les symptômes certainement somatisés et, dans ce silence immense et cet isolement, nous parvenons à dormir un peu jusqu’au matin qui a du mal à se lever ici, tout cP1030323omme le ranger, et attaquer notre 2ème étape. Il fait 9° dans la chambre, il gèle encore dehors mais on sait que ça va bien se réchauffer quand on quitte notre discret garde du corps. 

P1030353Dernière étape donc avant de retrouver la civilisation. Il nous reste tout de même 3h de piste avec des paysages somptueux, certes, mais aussi des passages rudement délicats, des anciens villages abandonnés à traverser où neP1030350 subsiste que la petite église conservée en état pour arriver enfin à LA route qui nous ramène en bord de mer à Iquique au bout de 200 kms et 3500 m de dénivelées.

Cette grande ville conserve le cachet d’un passé somptueux du temps de l’âge d’or de l’extraction du salpêtre dans les mines alentour. On a pu visiter d’ailleurs une ville fantôme, du style Familistère de Godin, qui a Altiplano 4386été totalement abandonnée en 1960 lors de la fermeture de la mine etAltiplano 4409 où Claire, dans une vieille salle de classe, n’a pu empêcher sa nature d’enseignante de reprendre le dessus.

Altiplano 4404Iquique n’est qu’une courte étape puisqu’on veut aller dans le désert d’Atacama. Malheureusement, week end Pascal oblige, on ne trouve aucun hébergement possible à San Pedro d’Atacama où on veut aller : on décide donc de faire un arrêt à Calama, 100 kms avant, trou immense de Altiplano 4415plusieurs dizaines de kilomètres de côté, profond de 900m, résultat de la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde : monstrueux ! Il n’y a que quelques 300 kms pour y arriver mais il faut compter aussi sur un passage de frontière entre régions et ça, ce n’est pas si facile car, ici, toutes ces formalités prennent vite un temps fou. On y parvient tout de même et on est bien content d’y trouver un hôtel avant d’aller vers la suite de nos aventures. P1030358

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