Saïgon la dynamique

Publié le par claireetgilles.over-blog.com

Il paraît que depuis son appellation en Ho Chi Minh Ville en 1975, l’ancienne capitale du sud avait perdu beaucoup de sa vitalité mais depuis la nouvelle politique d’ouverture, il semblerait qu’elle veuille rattraper le temps perdu.

Saïgon, c’est plus de 8 millions d’habitants et plus de 4 millions de deux roues à moteur : c’est d’ailleurs la meilleure façon de se déplacer vu les embouteillages. Par contre, on avait déjà constaté le non-respect des piétons ailleurs mais, pour sortir à pied ici, il faut carrément une assurance vie, avoir rédigé son testament, avoir des yeux tout autour de la tête comme l’ananas et des réflexes à toute épreuve. Moyennant quoi, avec un peu de chance et si on choisit un itinéraire sans grand carrefour à traverser, on peut s’en sortir car le centre ville n’est pas immense et facile à s’y repérer. Les trottoirs sont un peu dégagés mais on n’y est pas forcément en sécurité car les scooters y roulent pour remonter les bouchons, pourtant certains endroits sont franchement agréables pour s’y balader comme cette rue piétonne de libraires et de cafés, ombragée et quiète.

Pour se déplacer autrement qu’à pied, il y a comme partout les taxis, motos taxis ou les bus urbains dont la trame semble assez étendue et d’un prix modéré. Pour le métro, il est en cours de réalisation avec le concours du Japon, ce qui explique toutes les palissades en centre ville. Une partie sera en souterrain mais l’essentiel en aérien sur pilotis. Quant à louer un scooter, évidemment que c’est possible si on connaît un peu les règles de conduite :

  • Je fonce, je me faufile, je passe devant ou derrière les piétons pour les éviter, leur rentrer dedans ne donne pas de bonus.
  • Si le feu passe à l’orange, je fonce.
  • Si le feu passe au rouge, je fonce derrière celui qui est passé à l’orange.
  • Si le feu est au rouge et que je tourne à droite, je fonce, les piétons qui traversent devront m’éviter.
  • Si je veux tourner à gauche, je fonce au milieu de ceux qui arrivent en face.
  • S’il y a un bouchon trop dense pour s’y faufiler, je monte sur le trottoir et je fonce au milieu des piétons pour remonter l’embouteillage.
  • Foncer sans freiner brutalement, les autres sont bien trop près de moi.
  • J’allais oublier, le pouce gauche toujours sur le klaxon. D’ailleurs je pense que ceux qui en sont amputés n’ont pas le droit de conduire.

C’est vrai que la ville est bourdonnante et qu’au début on est un peu surpris par ce brouhaha klaxonnant perpétuel mais la ville est agréable avec un mélange résolument moderne côtoyant les anciens bâtiments coloniaux et on s’y est promené avec délice : la cathédrale où on est retourné plusieurs fois pour être dans les heures d’ouverture afin de voir l’intérieur qui n’en vaut pas la peine, juste à côté, magnifique, la poste qui ressemble à une gare ferroviaire délicieusement rétro avec sa structure Eiffel et toute la vie à l’intérieur, le « comité populaire » (la mairie), long bâtiment colonial qui fait face aux Champs Elysées de la ville : avenue de 70m de large

avec une partie piétonne au centre qui rejoint la rivière 750m plus loin, le théâtre opéra, les anciens hôtels de luxe, l’ancien marché central toujours foisonnant de vie, tout ça côtoyant les immenses tours modernes. C’est assez éclectique mais non dépourvu de charme et aussi la vie : cette foule qui se rassemble le soir sur l’avenue, les couples de danseurs sous les kiosques, les cours de gym dans les parcs, les marchés chargés d’odeurs, de mouvements, de propositions …. On aime.

On n’est pas allé visiter le palais de la réunification, l’ancien palais présidentiel mais on a cédé aux recommandations du routard pour le musée des vestiges de la guerre qui s’appelait au début « musée des crimes de guerre américains » renommé pour des raisons diplomatiques vis-à-vis des touristes Yankees. C’est un étalage des exactions américaines commises pendant la guerre accompagné des effets subis par la population suite aux bombardements au napalm, aux utilisations de défoliants, de l’agent orange. Ça manque d’objectivité quand même, il semble que seuls les américains y aient commis des atrocités. On en sort, certes, écœurés par la guerre, surtout par les américains mais sans connaître la vérité sur ce que l’armée du nord a fait subir aux populations du sud après sa victoire.

On est aussi allé à Cholon, le quartier chinois de la ville : si le centre ville de Saïgon est vivant, alors on peut qualifier Cholon d’hyper actif. Tout est commerce et bouge au rythme des livraisons, achats, ventes. Malheureusement pour nous, la halle du grand marché est fermée et tous les stands se sont agglutinés autour dans un fatras de tôles et de bâches impossible à circuler. Dans le quartier on visite quelques temples chinois intéressants mais il faudra qu’on se documente un peu plus sur ces principes religieux où Bouddha côtoie des déesses comme Thien Hau censée protéger les navigateurs.

Pour quitter Saïgon et aller vers le centre du pays à Hoï An, on avait déjà notre vol mais ni hôtel, ni bus ou taxi pour nous y rendre. En réservant la navette pour nous rendre à l’aéroport, on avait demandé à nos réceptionnistes si elles voulaient s’en charger …. Quelle erreur : le premier qu’elles avaient réservé avait annulé faute d’avoir reçu du pognon, le 2ème qui assurait la navette depuis l’aéroport dans un premier temps ne le pouvait plus ensuite et n’a pas envoyé de confirmation. Au final, on part sans savoir quel hôtel on aura, ni comment on ira.

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claudine D. 25/03/2017 09:34

Super, quelles belles aventures vous vivez. Merci de nous les faire partager aussi bien.
Gros bisous. Claudine mamie de Margot depuis le 14..............

Claire 25/03/2017 09:13

Nous suivons vos aventures avec toujours autant d'intérêt, les récits détaillés et documentés de Gilles nous permettent de voyager en votre compagnie.
Bravo pour les photos et les descriptions hautes en couleurs, en odeurs.
Bisous

Ariane 25/03/2017 04:25

Oups, j'espère que vous avez trouvé un plan B ... Il m'a l'air bien sympa ce petit voyage , malgré le petit côté aventureux qui va avec